Brèves Viet-Nam

Brève Santé
J’ai eu la naïveté de demander à un interprète comment fonctionnent les assurances maladie au VietNam. Apparemment, si vous êtes couvert par une assurance pour ne pas devoir payer cash les soins, le personnel soignant des hôpitaux ne se préoccupe guère de vous et vous ne recevez pas les soins appropriés.

J’ai cherché à me renseigner plus avant sur le sujet et suis donc allée me renseigner sur le site de la Mission Economique au Viet Nam (il s’agit d’une entité dépendant de l’ambassades réalisant pour le compte de particuliers des études de marché sur mesure. Certaines sont accessibles gratuitement). En fait les assurances maladies ne remboursent pas les frais à hauteur de ce qu’ils coûtent, donc les hôpitaux ne trouvent aucun intérêt à prendre en charge des patients assurés qui creusent leur déficit. De toute façon, les assurés doivent quand même débourser 20% des frais.

Par ailleurs, au VietNam vous ne vous préoccupez de votre santé qu’une fois que vous êtes déjà malade, alors à partir de ce moment il devient impossible d’acheter une assurance. Et alors, il faut débourser tous les frais.

Le système de santé est donc assez ironique au Vietnam : vous n’avez pas d’assurance parce que vous n’avez pas assez d’argent pour la souscrire et vous pouvez être soigné correctement, et si vous avez de l’argent et donc de quoi souscrire une assurance, alors les cadres hospitaliers se désintéressent de votre cas qui va plomber le budget de l’hôpital et le rendre déficitaire.

Brèves Ecole

Ø                   Le système scolaire au Viet Nam

Primaire = cop I (cop mot) à toutes les classes sont au même prix

Collège = cop II (cop hai) à toutes les classes sont au même prix

Lycée = cop III (cop ba) à toutes les classes sont au même prix

Ø                   La répartition des écoles par sous districts

Les écoles sont réparties selon des zones géographiques très strictes dont on ne peut déroger. Chaque élève dépend du collège ou lycée de sa section et ne peut pas être scolarisé dans un autre établissement à moins de déménager et dépendre d’une autre section.

Il arrive parfois que les sections ne comportent pas assez de collèges/lycées pour accueillir tous les élèves. Il faut donc procéder à un ‘écrémage’.

Le système est alors simple mais très injuste. A la fin de l’année scolaire, des examens sanctionnent les résultats de chaque élève. Le 1er tour existe dans toutes les écoles. Il faut obtenir la moyenne, soit 5/10 pour passer en classe supérieure. Mais dans ces sections spécifiques où les écoles publiques ne suffisent pas à recevoir tous les enfants, il faut passer un 2nd tour. Pour être accepté dans l’école publique, il faut avoir plus de 35 points. Si l’on n’obtient pas ce score, alors on doit aller dans le privé. On ne peut pas redoubler si l’on a eu plus de 5/10 au premier tour. Autrement dit, si l’on est un élève moyen, on doit payer pour apprendre.

Ø                   La répartition des écoles par types

Si j’ai bien compris, les écoles sont réparties selon 3 classes : A, B, C selon qu’elles sont publiques, semi-publiques, ou privé. Si j’ai bien compris la suite, les écoles publiques sont bon marché mais on n’y accepte que les bons éléments. Si l’on est moins brillant, on doit ‘rétrograder’ d’école et payer un peu plus cher en semi-publique, et encore plus cher en privé. Les enfants qui ne sont pas brillants ont donc intérêt à avoir de l’argent mais ce n’est généralement pas le cas… ce système scolaire les enfonce peu à peu.

Ø                   Les frais de scolarité

Certains familles sont exemptées de frais de scolarité ou les voient fortement réduit grâce à une carte de pauvreté. Il existe un moyen pour l’obtenir : remplir un formulaire auprès de la section locale (est-ce le comité local ou bien la section à laquelle appartient l’enfant d’un point de vue scolaire ? Je ne sais pas). Le critère serait que tous les revenus de la famille soient inférieurs à 500.000/mois/1 personne.

Les frais incluent :

·          les frais d’inscription,

·          les frais de scolarité (par mois en général),

·          les frais de rénovation/construction des bâtiments

·          l’assurance scolaire (y tê)

·          l’assurance santé (suc khoe)

Les frais d’uniformes, de fournitures scolaires, de livres (environ 100.000 au début de l’année) ne sont pas inclus dans ces frais.

Cependant, les frais de scolarité changent selon le niveau scolaire. Pour le village du programme 44 dans le Dong Nai, voilà quelques infos sur le prix de la scolarité. Ce serait intéressant de remettre à jour ces tarifs sur les programmes anciens pour redonner une idée concrète des tarifs aux parrains.

1.       COP I : primaire

a.       École : 200/an + assurance médicale, assurance scolaire, construction école à max 500/an

b.       Autres :

                                        i.     Fournitures

                                      ii.     Livres à 150.000 au début de l’année.

2.       COP II : collège

a.       École à 800/an

b.       Autres

                                        i.     Livres à 150.000 au début de l’année.

                                      ii.     Fournitures

                                     iii.     Vélo car lycée entre 3 & 5 Kms selon la maison du filleul. Ne prennent pas le bus public qui reviendrait à 150.000 vnd par mois. Un vélo peut tourner entre 500.000 et 1.000.000 selon le modèle ça peut être vite rentabilisé.

3.       COP III : lycée

a.       500.000/semestre, assurance incluse

b.       Autres

                                        i.     livres à 150.000 au début de l’année.

                                      ii.     fournitures

                                     iii.     cours supplémentaires à en général, les matières sont  maths chimie physique anglais et coûtent 100 à 150/mois/matières.

                                 iv.     bus pour déplacement car les lycées sont à 8 ou 9 Kms soit 150.000 VND/mois donc pas possible à vélo.

Ø                   Les cours supplémentaires

Le système scolaire vietnamien est initialement calqué sur le système français. L’élève, après 3 années d’école maternelle non obligatoire, rentre en classe 1 et continue jusqu’en classe 12 où un examen sanctionne la fin des études (par la suite, il existe plusieurs filières universitaires). Mais le nombre d’enseignants ne suffit pas à pourvoir au nombre d’élèves, aussi les enseignants ne prennent-ils que des classes par demi-journée. Or le programme scolaire nécessite un temps plein… Les élèves prennent donc des cours supplémentaires pour arriver à la fin du programme.

Ces cours supplémentaires coûtent généralement de 30 à 100.000/matière/mois, dépendant du sujet,  de la région et du cycle (primaire collège lycée). Il s’agit d’un énorme investissement pour les familles des filleuls.

Ils sont implicitement obligatoires. Ces cours sont dispensés par les mêmes enseignants qu’au collège, mais à leur domicile et l’argent leur est remis directement (la paie d’un professeur n’est pas très conséquente). En fait, certains enseignants n’hésitent pas à faire une sorte de chantage aux enfants : s’ils ne prennent pas les cours particuliers, alors ils n’auront pas une bonne note à l’école dans la matière enseignée par ce même professeur.  Les profs particuliers cuisinent parfois des repas pour leurs élèves puisqu’il n’existe pas de cantine au VietNam. Mais ce genre de service est excessivement cher.

Parfois ces cours supplémentaires sont organisés par l’école et les frais payés à l’école, pour au moins une vingtaine d’élève à la fois. Dans ce cas, les cours sont moins chers mais viennent quand meme en plus des frais de scolarité normaux.

L’autre version des faits consiste à dire que les familles veulent tellement éduquer le mieux possible leurs enfants qu’ils veulent payer ces cours supplémentaires. Si une telle version vous est donnée, elle est peut-être vraie mais il s’agit probablement d’une façon de voir pour ne pas remettre en cause le système établi…

Ø                   Les études supérieures

Au Vietnam, il existe 4 grands genres d’études après le bac, plus ou moins renommées. Avant toute chose, il faut avoir son examen de fin d’année de lop 12 qui correspond à la terminale. Parfois on peut aller en 2ème session, c'est-à-dire le rattrapage.

Il y a l’université, pour des cursus en 4 années, les plus prestigieuses études. Cela correspond à une maîtrise. En général, il faut faire des stages pour terminer ou bien encore faire une autre formation. C’est généralement le cursus le moins cher. Les heures de cours sont peu nombreuses et laissent en principe du temps pour faire un petit job à côté.

Il y a les écoles supérieures, cursus en 3 années. À l’issue de la 3ème année, on peut rattraper la 3ème année d’université. Ces études sont plus chères et moins réputées. Je crois que si on est en ‘liste d’attente’ pour une université, on peut peut-être aller dans les cursus en 3 ans de ces mêmes universités. On étudie au même endroit mais on n’a pas tout à fait le même diplôme.

Il y a aussi les Trung Cap (équivalent d’un BTS), formation de 2 années, d’aspect pratique et technique.

 Enfin, les apprentissages de durée variable selon les secteurs, et parfois très chers ou bien parfois rémunérés.

Ø                   L’entrée à l’université

1.       Si l’élève est admis au 1er tour, il peut passer les concours universitaires.

a)       Soit il est admis au 1er coup alors il commence ses études

b)      Soit il échoue et doit donc

·        Reconduire l’expérience à l’année suivante en révisant en classes préparatoires (privées, chères) ou par lui-même.

·        Postuler aux 2ndes sessions pour être admis dans une université un peu moins prestigieuse pour étudier dès l’année suivante.

2.       Si l’élève est à la session de rattrapage du bac, il ne peut pas passer les concours universitaires : il doit d’abord avoir son bac en poche.

a)       Soit il réussit et doit attendre la session universitaire de l’année suivante, en révisant son concours soit par lui-même soit en prenant des cours privés équivalent à la classe préparatoire pour Sciences Po en France,

b)      Soit il échoue à la 2ème session et doit donc refaire une année de terminale. Il peut soit retourner à l’école une année, soit préparer le bac en candidat libre.

Brève administration

Lorsque l’on donne naissance à un enfant, il faut déclarer sa naissance dès l’hôpital. De cette façon, on obtient le certificat de naissance, simplement et gratuitement. Ce papier est indispensable à l’inscription à l’école.

Si l’on ne l’a pas fait à l’hôpital, il faut alors passer par des voies administratives lourdes, compliquées et payantes. Encore faut-il savoir qu’il faut demander ce papier à l’hôpital… C’est, en plus du manque d’argent, l’une des probables raisons de non scolarisation des enfants.

Brève investissements et emprunts

Les familles empruntent à la banque ou aux voisins pour investir dans une affaire, ou payer des frais d’hospitalisation, d’études…. L’affaire peut capoter, les soins et les études sont très chers. Par suite, les familles ainsi sans revenu mais conservent leurs dettes, pouvant aller de 5 à 15 millions de dôngs  (250 à 700€), dont les intérêts courent sans qu’ils soient en mesure de rembourser. Parfois, ils ne peuvent même pas payer les intérêts mensuels et s’endettent auprès de voisins pour payer les intérêts de la banque. Oui mais voilà, les voisins demandent généralement des intérêts plus élevés. L’on va ainsi de mal en pis.

D’autres parts en relisant les visites filleuls, je m’aperçois que très souvent les emprunts contractés par les familles sont en fait des sortes de micro crédits : les familles empruntent à des taux très bas à des banques gouvernementales des sommes comprises entre 1 et 10 millions (mais pas au-delà) pour un taux de 0,6% par mois. La seule condition est d’être pauvre et d’utiliser cet argent pour un investissement type élevage de cochons (c’est le cas la plupart du temps. Parfois c’est pour une ou 2 vaches). Ils ont 3 ans pour rembourser la somme en entier tout d’un coup mais en attendant, ils paient les intérêts sur toute la somme empruntée. Par exemple, pour un emprunt de 10 millions, à 0,6%/mois, cela fait 60.000 VNÐ par mois d’intérêts. Sur 3 ans cela fait tout de même 2,6 millions !

En général, les familles grâce à ces emprunts ne réussissent pas à gagner plus que 2 millions sauf un bon coup de chance, car les épidémies ruinent souvent les efforts des familles. Ces prêts à taux bas sont inscrits, par ironie, dans le ‘programme pour éradiquer la pauvreté’.

Ø                               Les élevages porcins

Comme toujours, des épidémies porcines font la ruine des familles, qui rempilent quand même l’année suivante et se font des dettes de plus en plus grosses. Sai soulignait à juste titre que l’élevage de cochons ne peut être rentable que dans le cas d’une grosse ferme. La majorité des familles rencontrées n’élèvent que 1 à 3 cochons et vendent les petits dès qu’ils peuvent, (avant la prochaine épidémie !). C’est donc peu rentable dans ces cas-là.

Ø                               Les vaches en métayage

La vache ne leur appartient pas mais ils en prennent soin pendant 2 années, le temps pour la vache de donner 2 petits. Le premier veau reste au propriétaire, le second reste à la famille. Puis la vache est donnée en métayage à une autre famille.

 
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